Salve (Marham)

Affiche SalveRéalisateur et scénariste: Alireza Davoodnejad
Iran, 2010, 95 min.

Interprètes: Ehteram Habibian, Tanaz Tabatabaei, Kobra Hasanzadeh, Reza Davoodnejad, Siavash Agha Mohammadi, Moharam Motamedi, Sajad Sepehri Shakib, Shirin Safari & Ali Davoodnejad
Distributeur: Sheherazad Media International (SMI)- Mrs. Katayoon Shahabi www.smediaint.com

Synopsis: Une jeune fille tombe dans la dépendance et court loin de la maison. Sa grand-mère la suit comme une ombre pour l’aider. Le film dépeint une génération qui est plus proche de leurs grands-parents que leurs propres parents. C’est une histoire de la douleur et de la misère des grands-mères qui luttent pour libérer leurs petits-enfants des maux de temps.

Critic: Wonderful cinematography lends an almost surreal quality to the scenes in which the two women travel the streets of the Iranian capi-tal. In her haunting black chador, Aziz stands in stark contrast to mo-dern Maryam: they make an odd but very loving couple who bridge the generation gap. Salve is the eighteenth feature film written, direc-ted and produced by Alireza Davoodnejad, who started his career as a scriptwriter in Tehran when he was only 17 years old.
Joey Porcelli www.cinemas-du-grutli.ch/node/176

 

Poulet au Prunes

Poulet aux Prunes

 

 

A voir et revoir…

 

A propos d’Elly (Darbareye Elly), 2009.

Affiche - A propos d'EllyRéalisateur : Asghar Farhadi

Avec : Golshifteh Farahani, Taraneh Alidoosti, Shahab Hosseini, Marila Zare’i, Mani Haghighi,
Peyman Moaadi. 1h56.

Synopsis: Un groupe d’amis étudiants passe des vacances dans une vaste demeure au bord de la mer caspienne. Sepideh, qui s’est occupée de l’organisation, a décidé d’inviter Elly, en espérant que celle-ci ne soit pas indifférente au charme de son ami Ahmad, qui sort tout juste d’une rupture. Les vacances se passent dans la bonne humeur, jusqu’à la soudaine disparition d’Elly…
Ours d’argent du meilleur réalisateur au Festival international du film de Berlin en 2009

Distributeur: Trigon-Films

 

La fête du feu (Chaharshanbe-soori), 2006.

Fete du feuAvec : Hedye Tehrani, Taraneh Alidoosti, Hamid Farokhnezad (Morteza, le mari), Pantea Bahram (Simin), Matin Heydarnia (Amir Ali), Hooman Seyadi (Abdolreza). 1h44.

Synopsis: Ce mardi est “ Chahar shanbeh souri ”, une fête du feu plurimillénaire. Rouhi, une jeune aide-ménagère qui vit un bonheur complet et va bientôt se marier, est employée pour la journée chez un jeune couple. Elle découvre un foyer en pleine crise, dont la femme soupçonne son mari de la tromper avec une voisin…

Hugo d’or au Festival international du film de Chicago (2006)
Distributeur: Dreamlab films

 

Belle ville (Shahr-e-ziba), 2004.

Beautiful City

Réalisateur: Asghar Farhadi

Avec : Taraneh Alidoosti, Babak Ansari, Faramarz Gharibian, Hossein Farzi-Zadeh. 1h41.

Synopsis: Condamné à la peine capitale pour avoir tué la jeune fille qu’il aimait, Akbar est envoyé dans un centre de rééducation pour mineur. À 18 ans, il est transféré en prison où commence alors pour lui l’insupportable attente dans les couloirs de la mort. Son meilleur ami, Ala, se donne pour mission d’obtenir par tous les moyens sa grâce. Il se rend chez la soeur d’Akbar pour qu’elle implore avec lui la clémence du père de la victime.

Grand Prix au Festival International de Varsovie (2004)
Distributeur: Sheherazad Media international

 

Mainline

Réalisateur: Rakhsan Bani-Etemad et Mohsen Abdolvahab

Synopsis: Sara est une jeune iranienne de vingt ans qui vit avec sa mère dans la mégapole iranienne, Téhéran. Elles est fiancée à un étudiant iranien qui termine ses études à Toronto. Leur mariage doit être célébré quelques semaines plus tard. Sara se drogue et doit se soigner pour que le mariage puisse avoir lieu sans que son fiancé ne s’aperçoive de sa dépendance. Sa mère décide d’emmener sa fille dans une clinique sur les rives de la mer Caspienne, loin du tumulte de Téhéran. Sortant tard en France, Mainline reste un bon complément “drogues” au rock’n’roll Chats persans, pour affiner le portrait d’une jeunesse iranienne aux mêmes aspirations que celle de l’Occident. L’originalité ici est de transposer le film de désintoxication dans un pays propice aux clichés – oui, leur classe moyenne a aussi ses drogués. Une mère embarque sa fille toxico pour un éprouvant voyage en auto vers une clinique, en vue d’une cure. Il s’agit d’abord de sauver les apparences car le fiancé de la jeune femme, parti au Canada, revient pour lui proposer le mariage. Le pitch un peu tendancieux de Mainline est transcendé par la force de sa facture : les deux réalisateurs viennent du documentaire et ont le flair pour s’approprier Téhéran à la fois comme toile de fond – littérale, comme dans cette scène de danse avec vue sur la ville – et entité vivante. Le voyage à deux évite la virée à la Kiarostami (femmes + voiture), pour évoquer un chemin de croix parfois borderline (vertu et défaut du jeu improvisé des actrices) dans le déchirement mère-fille, mais aux dilemmes intéressants reflétant l’Iran : l’impuissance des parents face la soif d’échappatoires de leurs enfants.

 

Au revoir

Affiche - Au revoirRéalisateur: Mohammad Rassoulof

« Au revoir » est une oeuvre secrètement brûlante qui, trois mois après le coup de semonce d’« Une séparation » d’Asghar Farhadi (plus de 800 000 entrées en France), rappelle que le cinéma iranien, malgré les entraves, est l’un des plus vivants et plus importants de l’époque.
Le film « donne à voir » l’Iran, aujourd’hui, avec une violence d’autant plus intense que tout y est suggéré, infiniment pudique. Son titre : « Au revoir », comme s’il n’y avait plus d’autre choix que l’exil pour son personnage très principal. Son auteur : Mohammad Rasoulof, menacé de six ans de prison dans son pays.
Partir, sinon rien Téhéran. Une jeune avocate mariée à un journaliste vivant dans la clandestinité pour cause d’activisme politique. Enceinte de quelques mois, mais ne pouvant avorter (en l’absence de l’autorisation écrite de son époux), elle est dans l’incapacité de travailler puisque jugée idéologiquement incontrôlable par le régime. Surveillée et traquée par les autorités, confrontée à la gabegie administrative et à la corruption tous azimuts, l’avocate passe ses journées et ses nuits à tenter d’organiser sa fuite. Ses soutiens ? Ils sont rares, tant le règne de la terreur fait peser une triple chape de plomb, même sur les meilleures volontés.

L’acte de résistance de Mohammad Rasoulof
Avec « Au revoir », l’un des plus beaux films de l’année, Mohammad Rasoulof, cinéaste de 37 ans, prend le risque d’aggraver « son cas » aux yeux des autorités iraniennes. Moins connu en France que Jafar Panahi, devenu, contre son gré, l’emblème du cinéma iranien martyr (et dont on découvrira à la fin du mois le déchirant « Ceci n’est pas un film »), le metteur en scène connaît le même sort que son aîné. Arrêté et inculpé en 2010 pour « actes et propagandes hostiles à la République islamique d’Iran » (il préparait alors un film avec Panahi), Rasoulof a été incarcéré et condamné à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de tourner et de quitter l’Iran. Libéré en attendant le jugement en appel, il a tourné « Au revoir » dans la clandestinité. Présenté en mai dernier à Cannes, le film sort mercredi sur les écrans. A la surprise générale (signe de « détente », des autorités ? ), Mohammad Rasoulof est à Paris ces jours-ci. Nous l’avons rencontré.